crowLe clown
Je souviens de ce clown affreux
Sans talent et sans humour
Qui grimaçait heureux
Sous la lune et les étoiles autour
Il s’ abritait des quolibets et des moqueries
Derrière un masque obscur
Et se déshabillait sous la pluie, le maudit
Et se cognait la tête sur les murs
Pissait sur les gens qui passent
Riait des gens qui trépassent.
Un jour j’ai croisé son regard,
Ses yeux tristes et noirs.
J’ai pris la main du clown affreux
Sans vouloir le rendre heureux ;
Puisque je ne suis pas le magicien de la vie.
Je l’ai aidé à comprendre la vision de la nuit.
Lui le maudit, l’écorché, l’erzatz d’homme
A ri, a crié et compris en somme
Que le regard des idiots et des bornés
Ne pourrait jamais le toucher.
Il est  la pureté et le miroir.
Il est l’avenir et le pouvoir.
Des libres, des cerfs, des loups,
On dit qu’il est le plus fou.