Et la mer qui nous sépare et nous unit, toi mon frère , toi le migrant qui ressemble tant à nos aieuls, que la liberté t'accompagne et que les airs doux de la nuit t'enveloppent pour que ton frêle esquif jamais ne sombre, penser aux autres lorsque l'aile de la volupté artistique nous touche, il y a en chaque être un artiste qui sommeille et le coeur du poète bat plus fort encore quand le partage des cultures voit le jour,

la libellule rase l'onde et son doux bruissement d'aile enchante les plus grands musiciens, des cercles concentriques parfaits s'étendent à l'infini mais c'est un bec discret et furtif qui l'a fait naître, l'artiste contemplatif observe et pleure,

et l'air qui caresse ta joue au bruit des embruns, et le sel laissé sur tes lèvres comme une larme amère, tu es belle comme la nuit : mystérieuse et discrète, suave et délicate, humide de joie après les transes de tes danses, tes lèvres trempent une boisson glacée, tu sens bon la vanille et le musc, le tabac blond et l'iode, vas-tu te coucher dans des bras amoureux aux plaisirs du jour qui nait ? ou repartiras-tu merveilleuse gitane , nus pieds vers de nouvelles rencontres, éphémères et essentielles à ton désir de liberté...